Faits divers :

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la chatte du chancelier 11

 

Fini, les ors de Downing St. pour «Freya». (Kirsty Wigglesworth/AFP)

 

Le Royaume-Uni vit au rythme d’un nouveau drame: le bannissement de la chatte du chancelier de l’Echiquier, George Osborne, des murs du 11 Downing Street. Le félidé répond au nom de Freya. Sa photo s’est installée dans tous les médias britanniques, du moindre tabloïd au plus prestigieux titre. Le scandale a eu donc lieu rien de moins qu’au 11 Downing St, London, résidence du très honorable George Osborne, l’officiel Rt. Hon. Chancellor of the Exchequer. Le ministre du Trésor, quoi! Lui et sa famille ont accueilli, il y a presque une année, l’exquise et irrésistible Lola, mignon bichon à poil frisé, petite chienne blanche joyeuse et enjouée, comme tous les congénères de sa race. Problème: elle et Freya ne se supportent pas. Olivier Perrin retrace, dans sa revue de presse, la saga du bannissement de la chatte au nom de déesse. A savourer (…)

Revue de presse :

« Ces faits divers atroces qui polluent l’actualité » par Olivier Perrin

Extrait :

Pendant que l’Occident célèbre la «paix froide» née de la chute d’un mur il y a un quart de siècle; tandis que l’humanité robotisée s’apprête à conquérir une comète; que l’Ukraine s’embrase toujours et que les élites helvétiques craignent désormais un triple «oui» vengeur déposé dans les urnes le 30 novembre; au moment où tout cela se passe, et, Mesdames, Messieurs, nous interpelle; au moment où les causes nobles et/ou sérieuses se bousculent au portillon de nos écrans multiples, voici la Toile britannique qui soudain miaule derrière Freya! C’en est trop! Pitié.

Freya? C’est le nom d’une proscrite dont la photo s’est installée dans tous les médias de cette décidément perfide Albion. De ces tabloïds que l’on dit parmi les plus infâmes de la planète jusqu’aux plus réputés, notez-le bien. Le scandale a lieu rien de moins qu’au 11 Downing St, London, résidence du très honorable George Osborne, l’officiel Rt. Hon. Chancellor of the Exchequer. Le ministre du Trésor, quoi! Lui et sa famille ont accueilli, il y a presque une année, l’exquise et irrésistible Lola, mignon tout plein bichon à poil frisé autrefois appelé ténériffe, petite chienne blanche joyeuse et enjouée, comme tous les congénères de sa race:

Mais les choses se sont terriblement mal passées, et c’est bien cela qui fâche. Car la chatte de la famille, Freya, outre le fait qu’elle est fuyarde, raconte l’Independent, qu’elle s’est battue récemment avec Larry – et l’a rétamé –, le mâle félin appartenant à son voisin et supérieur direct, Mr Prime Minister David Cameron, s’est rapidement trouvée détrônée dans les cœurs des Osborne. Ces myocardes infidèles où Lola, la bichonne, est devenue la favorite. A supplanté une chatte qu’on a même dit espionne et par conséquent traitée de «chat qui en sait trop». Tous les vices, selon le Daily Mail.

L’inénarrable blog Al Chazeera rapportait déjà il y a quelques mois qu’elle ne se gênait «pas pour intégrer dans sa ronde quotidienne les différents bureaux des ministères». «Au cours des derniers mois, on a trouvé le chat roublard dans la pièce la plus sécurisée des Affaires étrangères: la salle du Conseil. Elle a même essayé d’entrer au Trésor! Et une fois, elle a également été aperçue dans le centre de commandes d’un exercice top secret de stratégie de guerre. Quand on a demandé ce qu’elle faisait là, les conseillers de M. Osborne ont répondu: «Elle est chez elle au Trésor. Elle va partout».»

«Cats versus dogs»

Lourds antécédents, donc! Ni une ni deux: Freya vient d’être envoyée en exil dans le Kent. Il faut dire qu’elle n’était pas très aimable non plus avec le hamster des Osborne, paraît-il. Et le Daily Mirror précise encore que l’affreuse aurait tenté d’intimider à plusieurs reprises la douce Lola, l’aurait même blessée. Tandis que le Daily Express prévient: «Dans ce pays où il y a autant d’amis des chats et des chiens, évincer un félin pour améliorer le confort d’un canidé n’est de loin pas le meilleur moyen de séduire votre électorat.» «Cats versus dogs», titre même le très noble Daily Telegraph, peu réputé pour se vautrer dans les caniveaux, en racontant dans tous ses détails l’histoire de l’ignoble bannissement.(…)

 

« Le Temps » du 11 novembre 2014